Réflexions autour du foulard

Mon foulard, c’est mes couleurs.

A côté du blason de province sur mon uniforme, comme un chevalier féal, ces couleurs sont les armes de mon clan, de ma maisonnée, les armes de mon groupe, de ma ménie.

Je les ai faites miennes, ces couleurs ; depuis toujours, il me semble que je ne pourrais en porter d’autres. Ce foulard, ce sont nos couleurs...

 Louveteaux, scouts et routiers le portent de même. Nous en sommes fiers. Ce foulard représente l’Honneur de mon groupe.

Seigneur gardez-y nous fidèles, à jamais.

Dans un monde déboussolé, tout insigne sera signe vivant. Référence et drapeau. Scout, avec la grâce de Dieu, il nous faut oser traverser le monde comme un étendard. Scout veut dire éclaireur. Ne l’oublions pas. C’est un vivant signe de piste. Comment passerait-il inaperçu ?

 

Etre attentif à la propreté extérieure, et plus soigneux encore de l’honneur intérieur. Mon foulard restera propre et net. J’y mettrai un point d’honneur. Faudrait-il regretter qu’on en prenne soin au point de ne plus vouloir jouer avec ? Mon foulard reste pratique en cas d’urgence, mais pourquoi ne resterait-il pas aussi beau et propre ? Les scouts hésiteront à se traîner dans la boue quand ils sont en uniforme. Comment s’en étonner, alors que notre éducation doit réagir précisément contre la perte du sens du sacré ?

 

Notre bel uniforme de campeur a suivi la même évolution des vêtements liturgiques des premiers siècles. Comme une étole, mon foulard issu d’un usage profane, a été peu à peu sacralisé par des générations d’adolescents.

 

Deux couleurs composent mon foulard. Deux bandes de couleurs inégales qui apparaissent pourtant bien équilibrées, une fois roulées bord à bord. Comme il existe bien des inégalités de nature, n’offrant pas les mêmes talents ni la même mesure aux capacités de chacun, mais pourtant réunies sous une égalité fondamentale, en référence à notre Père commun.

 

Il faut oser le rappeler et ne pas  jalouser les dons gratuits accordés par la grâce. Une fois côte à côte, bord à bord, sous le même uniforme, les couleurs trouvent leur équilibre. J’ai passé ce foulard autour du cou,  c’est la règle de vie que j’ai  volontairement adoptée. Certains diront comme une corde autour du cou, mais je sais quelle liberté j’ai choisie.

 

Deux couleurs soigneusement roulées bord à bord, qui pointent unies par une bague nouée. J’ai fait moi-même cette bague de foulard avec un lacet de cuir. Tête de turc,

ce nœud fameux aux scouts, que l’aspirant -tête de linotte- oublie si vite...

 

Seigneur, faites que votre loi m’enlace aussi, puisque c’est elle qui crée l’unité, qui garde notre fraternité. Quel que soit notre mouvement, ces couleurs de foulard autour du cou restent l’uniforme commun caractéristique des 30 millions de scouts aujourd’hui. Comme il le fut des 500 millions de nos anciens depuis cent ans... Le Père Sevin faisait déjà remarquer que « la joie est comme l’auréole de la sainteté scoute ».

 

Posé autour d’un col largement ouvert, ce foulard évoque un optimisme joyeux, une attitude positive face à la vie qui caractérise notre « spiritualité de plein vent ».

 

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