La mort d'Eric

Je pense, moi, qu’un garçon de quinze, seize, dix-sept ans est un garçon.

C’est-à-dire un homme. Je pense qu’il n’y a pas de raison de le traiter à la paix autrement qu’à la guerre. De le traiter dans sa maison autrement qu’en ces jours où il courait dans les champs. De lui cacher la vérité.

Je pense qu’il peut tout comprendre aussi bien, mieux peut-être, qu’une « grande personne », précisément parce qu’il allie pour un temps très court la générosité de l’enfant à la vigueur de l’homme. Parce qu’il sait ce qu’on lui cache et n’en dit rien (…)

Crois au travail, à l’intelligence, à la force.

Sors de l’humilité. Son manteau brun couvre plus de poltrons que de saints.

- Bienheureux les humbles ! a dit le Seigneur.

 Sois tranquille : ceux qu’il nomme ainsi ne sont pas des fainéants.

Toi, deviens un conquérant.

Fini le temps des études surveillées. Ton labeur, surveille-le toi-même, garçon.

Nous autres, nous sommes déjà vieux. A toi le flambeau.

 

Mais diras-tu, quel est le devoir, quelle est la vérité ?

Ton devoir, c’est de mieux t’instruire ce matin pour mieux servir ce soir.

Rappelle-toi la devise des Saint-Cyriens : « Ils s’instruisent pour vaincre ».

Ne travaille pas seulement en vue des examens ; Forme ton caractère. Adopte une règle et suis là.

Ne sois pas un bouchon ballotté par les flots, un navire sans gouvernail.

Affronte la mer et prends la barre.

Fais-toi des amis. Réunis une équipe. Dès maintenant, sache à quel poste tu serviras demain.

 

 

 

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