Réflexions autour du ceinturon

Réflexions autour du ceinturon

                                                                                              Par le Père Hervé Tabourin

 

D’un geste vif nous avons bouclé le ceinturon, et nous voilà prêts à partir.

En attachant cette fermeture, comme dans un cliquetis d’armure, voici fermement fixée la Croix, au centre de mon uniforme.

Croix de promesse que l’on porte fièrement, croix du ceinturon pour « garder les reins ceints ».

Accrochage rapide que l’on boucle, presque sans y penser, et nous voici debout, prêts à partir, toujours prêts à répondre à l’appel, « semper parati ». Boucler son ceinturon avant de prendre la route est un geste rapide, qui se fait debout. Geste viril exprimant la volonté de se mettre en marche. Nous sommes prêts à partir, à démarrer notre journée comme une mission.

 Maintenez, Seigneur, nos âmes toujours prêtes à se lancer à votre suite, à reprendre la route avec la même vaillance tous les matins.

Soutenez constant notre effort, par le secours de votre sainte grâce, en nous gardant de nous même, de notre lâcheté, de notre paresse, de toute faiblesse et du relâchement, ne fut-ce qu’un court instant.

« Sanglez nos chairs dans les cuirasses ».

Les reins ceints, nous resterons debout là où vous nous faites la grâce d’être appelé à servir. « Je suis faible, Tu m’aimes : je maintiendrai. »

Un ceinturon ce n’est pas de molles bretelles, larges, élastiques, retenant avec peine le poids d’un vêtement qui tire vers le bas. Non, Seigneur, nous préférons cet accrochage bien net de la courroie qui enserre la taille.

 Le scout est maître de soi : « garde les reins ceints et sois vigilant. » Les reins sont aussi le symbole de ce bouillonnement de forces qui montent avec la jeunesse, vives comme sève au printemps. Forces de Vie, qui est œuvre de Dieu, à respecter comme sacrée.

 Mon ceinturon est comme la rude discipline des moines,

La solide courroie des pauvres soldats du Christ.

 Celle que l’on peut serrer d’un cran aux jours de privation et qui – témoin de ma ligne – trahirait tout épaississement…

Il fait tout le tour de ma petite personne, ce ceinturon de rien du tout... Moi qui m’imagine si important, moi si gonflé de vanités, au fond, je n’ai guère plus de volume que celle de cette simple courroie de cuir !

On y accroche aussi souvent d’autres petites affaires, à ce ceinturon.

C’est comme une référence, un pôle stable, auquel se rattache ce à quoi l’on

tient, et qu’on ne veut pas perdre... Et on y trouve facilement un dizainier accroché,

tel un chapelet en poche. Un dizainier, comme son couteau : des outils, des

armes, qu’il faut avoir toujours sous la main!

 

Puisque ce sont des Routiers scouts, avec le Père Doncoeur qui ont fabriqué ces « premiers anneaux scouts» ; n’abandonnons jamais ce dizainier, même en déposant l'uniforme ; toujours en poche, jamais lâché, toujours prêt à servir.

 Le ceinturon bouclé est bien le signe des voyageurs qui accrochaient leur tunique flottante avant de prendre la route. « Estote parati » ! Soyez Prêts : « Gardez vos reins ceints et vos lampes allumées » disiez-vous aux disciples sur la Route. Et c’est ainsi que vous aviez donné ordre au peuple élu d’être sur le Départ, avant de traverser la mer Rouge. Toute Pâque est un passage et c’est sur la route pascale que vous avez éclairé les routiers d’Emmaüs.

 Avec Vous nous irons jusqu’au bout, jusqu’au bout du jour, quand ce sera l’heure

de répéter « Restez avec nous, Seigneur, car il se fait tard »...

Repos ailleurs, repos plus tard, au jour que vous avez choisi, quand nous aurons mérité enfin la halte de l’éternité, dans le camp du repos et de la joie.

 

Ajouter un Commentaire